Extrait de la conférence  « L’Education prénatale naturelle transformatrice » donnée au Séminaire Européen Grundtvig de Formation des Formateurs et Diffuseurs de l’Education Prénatale à Bucarest en juin 2008 par Marie-Andrée Bertin

Chez la femme  – disons chez la grande majorité des femmes – le désir d’enfant est présent dès sa petite enfance et se précise lors der la rencontre amoureuse avec un partenaire stable :

Dés qu’une femme est enceinte – et avant même qu’elle le sache – s’active en elle une énergie procréatrice et maternelle – constitutive de l’unité bioénergétique de l’univers et de la nature féminine. C’est une force qui se perpétue dans toutes les femmes depuis les origines de l’humanité ; elle a été célébrée par les cultures successives partout dans le monde.

Disons, que cette grande « mère psychobiologique »  va, pendant 9 mois et plus, veiller à ce que la mère et l’enfant produisent chacun ce dont il aura besoin pour mener à bien ce projet de vie à deux. Cette énergie maternelle  universelle – qui peut d’ailleurs être exprimée par toute femme en dehors de la maternité – s’anime chez la femme qui porte la vie, la fait grandir, la soutient, la forge au cours de sa transformation de femme en mère. Un duo hormonal admirable s’établit entre l’enfant et sa mère.

Peu après la conception, le pré-embryon signale sa présence. Il produit le PAF (Platelets Activation Factors) qui favorise la multiplication, la croissance cellulaire et stimule les ovaires maternels. Ceux-ci répondent en secrétant l’EPF (Early Pregnancy Factors) qui protège l’enfant des réactions de rejet du système immunitaire de sa mère.

Trois jours après la fécondation, l’embryon envoie un autre signal la HCG (Gonadotrophine chorionique) qui stimule les ovaires maternels. Ceux-ci augmentent la sécrétion de la progestérone et des œstrogènes. La progestérone empêche les contractions utérines. Les œstrogènes rendent les tissus maternels plus souples, plus enveloppants. Quant l’enfant-morula, après avoir parcouru la trompe de Fallope arrive dans l’utérus,  il est accueilli par un endomètre vascularisé et assoupli où il peut s’enraciner… se restaurer et continuer à croitre grâce aux sucres fournis par une glycémie sensiblement accrue.

Ainsi, avant même qu’une femme sache qu’elle est enceinte, cette énergie maternelle universelle en elle – disions pour simplifier et humaniser cette appellation – la mère profonde en elle – aura reconnu la présence de l’enfant, l’aura accueilli, nourri protégé.

Si la femme sait cela – si nous le lui disons – elle se sent envahie par la sensation, par le sentiment grandiose de participer à l’aventure universelle d’humanité. Elle n’est plus une personne isolée portant la responsabilité de former et mettre au monde un enfant. Elle se sent habitée et soutenue par une force immense qui laisse peu de place à l’angoisse et à la culpabilité. Elle connaît une formidable extension de conscience qui peut la transformer complètement. Brazelton et Cramer, dans les « Premiers Liens » soulignent « une stupéfiante capacité de la femme à réorganiser sa vie pour le bien-être de son enfant ». La psychobiologie éclaire ce fait…

Marie-Andrée Bertin