L’environnement in utero peut rendre violent

[Video, chronique de Télématin du 11 septembre 2017]

 

Cerveau&Psycho s’est intéressé à l’environnement à travers une étude de chercheurs britanniques du King’s College de Londres. 
L’environnement de la femme enceinte aurait des effets insoupçonnés sur le fœtus, ( on s’en doutait), mais plus étonnant, sur l’enfant plus tard. L’environnement selon cette étude serait 3 choses, l’alcool, le tabac et le stress: ces chercheurs ont prouvé que ces toxiques pouvaient influencer la génétique des enfants en utero, c’est cela qu’on appelle  l’épigénétique: l’environnement qui fait muter la génétique de l’être humain.
On avait déjà démontré qu’une alimentation trop riche chez la femme enceinte pouvait être la cause d’hyperactivité chez l’enfant.
Et le tabac, l’alcool et le stress pourraient rendre l’enfant violent plus tard, avec un caractère agressif avec des comportements de vol, d’agression, etc…
Comment l’explique-t-on?
On a demandé des explications au rédacteur en chef de Cerveau & Psycho:
« Cette étude a été réalisée par des chercheurs du King’s Collège de Londres sur 300 personnes qu’ils ont suivies depuis leur naissance jusqu’à l’âge adulte.
En fait, ils ont récupéré le cordon ombilical de ces bébés et ont analysé leur ADN. Pendant la grossesse, les enfants avaient été exposés via le placenta, à du tabac ou de l’alcool, (c’est à dire que la maman avait tendance à fumer beaucoup ou à boire beaucoup) ou à des éléments de stress chroniques puissants comme la violence domestique ou la précarité.
Et puis 25 ans plus tard, ils ont regardé ce que ces enfants étaient devenus, et vu qu’une partie d’entre eux avaient développé des troubles de conduite, c’est à dire des comportement à problèmes, antisociaux, d’agressivité,  de vol, et chez les adultes qui avaient tous ces problèmes, ils ont constaté que chez les bébés in utero,  depuis tout petits, l’ADN avait été modifié. Comment?
On avait vu que des groupes d’atomes avaient été ajoutés ou retirés sur certains gènes. Et ces groupes d’atomes vont changer la façon dont les gènes du bébé vont s’exprimer pendant sa croissance.
L’alcool et le tabac pris de façon chronique peuvent entraîner des modifications dans le système hormonal, dans le système interne de la maman. On ne sait pas exactement lesquels, mais à l’arrivée, sur les gènes du fœtus, cela va se traduire par des modifications, pas des gènes eux-mêmes, mais autour de la double hélice d’ADN vont se greffer des groupements chimiques qui sont des modulateurs de l’expression des gènes. Ce qui fait que certains de ces enfants qui ont grandi in utero dans des conditions difficiles vont ensuite développer des comportements antisociaux. »
La bonne nouvelle c’est que ce n’est pas irréversible. L’étude montre que chez la moitié des enfants exposés aux risques in utero, les troubles du comportement vont disparaître avec le temps. Tout n’est pas joué car il y a des mécanismes de compensation, ou des changements d’environnement propices au comportement plus calme, comme des nouvelles stratégies éducatives qui peuvent corriger les mutations génétiques. L’éducation peut corriger l’ADN. C’est ça en fait la découverte de l’épigénétique de ces 10 dernières années. Donc rien n’est perdu. De nouvelles voies de recherche s’ouvrent  là-dessus, notamment au sujet de l’autisme… » Laurence Ostoloza, chroniqueuse à Télématin

http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/a/article-la-vie-in-utero-rend-parfois-violent-38659.php

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