Alerte à « l’effet cocktail » pendant la grossesse

Résumé de l’Article dans la revue « Pour la Science » N° 481 novembre 2017.

« L’équipe de Bernard Jégou, à Rennes, vient d’apporter la preuve d’un effet cocktail, dû à un mélange de perturbateurs endocriniens, sur la production de testostérone par les testicules du fœtus humain…

Les perturbateurs endocriniens sont des molécules capables, notamment, de bloquer la synthèse d’ hormones, comme la testostérone… L’exposition simultanée à plusieurs substances exacerbe les effets de chaque molécule individuelle, y compris à des concentrations auxquelles chaque molécule prise une à une n’exerce pas ou peu d’activité : c’est l’ « effet cocktail »…

Les chercheurs s’intéressent  à une hormone clé, la testostérone, nécessaire à la masculinisation de l’individu et au développement de l’appareil urogénital et à la croissance du cerveau… Ils ont sélectionné des substances auxquelles les femmes enceintes sont susceptibles d’être exposées : médicaments, pesticides, agents récréatifs comme le café ou l’alcool … (27 molécules) dont onze d’entre elles se sont révélées antitestostérone individuellement, puis en effet cocktail à faible concentration…

Leur approche a ainsi apporté pour la première fois la preuve de concept de l’effet additif des molécules et donc de la démultiplication des effets chez l’homme. L’exacerbation de l’effet d’une molécule en présence d’autres antiandrogènes varie d’un facteur 10 à 10 000 selon la molécule…

Il semble qu’il existe une fenêtre particulièrement sensible au cours du premier trimestre de grossesse… Maintenant les chercheurs développent des techniques permettant d’identifier et de quantifier toutes les molécules présentes dans un échantillon de liquide amniotique… Les chercheurs souhaitent travailler de façon multidisciplinaire, avec des biologistes, des chimistes, des toxicologues, des épidémiologistes, «pour croiser des résultats d’enquêtes épidémiologiques, de statistiques, d’exposition animale in vitro, in vivo etc…

Les effets sur les oestrogènes ou d’autres hormones devront aussi être étudiés. De plus, l’exposition ne se limite pas à la grossesse: les effets tout au long de la vie restent à décrypter.»

Bernard JEGOU directeur de recherche à l’Inserm-IRSET et à l’EHESP, à Rennes.

P.Gaudriault et al., Environmental Health Perspective, vol. 125, n° 8, 2017.

Pour gérer le stress

Pour gérer le stress

Même si un peu de stress dans la vie d’une future maman peut avoir un effet stimulant sur le bébé, mieux vaut éviter les stress intenses ou prolongés qui eux peuvent induire de mauvaises répercussions sur le développement du bébé en formation (d’après de nombreuses études).

Voici quelques méthodes simples et efficaces pour l’atténuer ou en sortir:

10 méthodes pour combattre le stress (validées par les neurosciences)

L’UFC-Que Choisir pointe 400 cosmétiques contenant des substances indésirables

par Mirabelle Belloir le 22 02 2017

L’UFC-Que Choisir met à jour sa base de données recensant les cosmétiques contenant des substances indésirables (perturbateurs endocriniens, allergènes…).

Une base mise gratuitement à la disposition des consommateurs. L’association presse aussi les pouvoirs publics d’instaurer des mesures réglementaires plus protectrices dans ce domaine.

Elle tire la sonnette d’alarme en particulier sur les produits pour bébés et les femmes enceintes.

http://www.lsa-conso.fr/l-ufc-que-choisir-pointe-400-cosmetiques-contenant-des-substances-indesirables,254964

Tous les détails sur les produits:

https://www.quechoisir.org/decryptage-produits-cosmetiques-les-fiches-des-molecules-toxiques-a-eviter-n2019/

Comment le sein fait naître le microbiote

Par 

Les chercheurs de Jama Pediatrics ont conclu que l’allaitement maternel ensemence la flore intestinale du bébé en bonnes bactéries (par exemple Veillonella et Rothia, deux genres bactériens dont la présence dans l’intestin a été associée à une moindre incidence de l’asthme), et que ces micro-organismes du lait et du sein maternels «influencent et sélectionnent les bactéries qui s’installent ensuite chez l’enfant, laissant une empreinte qui peut être détectée, même à l’âge adulte»…

Ils appuient les recommandations actuelles des autorités sanitaires : un allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois de vie, poursuivi en parallèle de la diversification jusqu’aux 12 mois de l’enfant au moins.

Source: http://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/fullarticle/2625334

Lire l’article complet. 

Perturbateurs endocriniens: une menace pour notre QI

Perturbateurs endocriniens: une menace pour notre QI

par Barbara Demeneix, biologiste, endocrinologue

« L’intelligence et la santé mentale de nos futurs enfants sont menacés par une exposition continue à des mélanges perturbant les hormones thyroïdiennes dans le corps de la mère, et ce dès la conception… Notre système de santé publique devrait s’assurer que toute femme enceinte dispose, dès les premiers jours, d’assez d’iode pour maintenir des réserves d’hormones thyroïdiennes satisfaisantes, pour elle comme pour le fœtus en développement. La meilleure façon d’y parvenir est de s’assurer qu’elles consomment assez d’iode (via des compléments alimentaires et l’utilisation du sel iodé). Cette mesure simple et peu onéreuse pourrait préserver la fonction thyroïdienne de la mère et le développement cérébral des enfants. Il pourrait ainsi contribuer à réduire les effets de la pollution chimique. » Barbara Demeneix, biologiste, endocrinologue

Lire l’article complet.

 

Le stress prénatal affecte l’espérance de vie

« Les enfants dont le père est mort au combat pendant la Première Guerre mondiale ont eu une vie plus courte.

Barrière protectrice du fœtus, le placenta n’arrête pas le stress. Et lorsqu’une future mère vit un événement difficile durant sa grossesse, le bébé qu’elle porte semble en subir les conséquences, parfois jusqu’à en perdre des mois de vie, suggère une étude française présentée lundi à Paris au congrès annuel de la Société européenne d’endocrinologie pédiatrique.

Sous la direction du pédiatre et professeur d’endocrinologie Pierre Bougnères et avec l’épidémiologiste Alain-Jacques Valleron, Nicolas Todd, épidémiologiste à l’Inserm, a scruté pour sa thèse des dizaines de registres de naissance parisiens et bordelais.

Il a ainsi pu identifier les enfants nés entre août 1914 et décembre 1916 ayant reçu la qualité de «pupille de la nation», leur père étant décédé, gravement blessé ou tombé malade au service de la France. «Nous en avons recensé 5671, explique l’épidémiologiste, et avons associé à chacun l’enfant non pupille de la nation le plus proche sur le registre, donc né au même endroit et au même moment, du même sexe, et dont la mère avait le même âge que celle du pupille.»

En croisant ces données avec une base recensant 1,4 million de militaires français décédés entre 1914 et 1919, les chercheurs ont pu distinguer ceux dont le père avait été rendu invalide par la guerre de ceux dont le père était mort, et pour ces derniers savoir si le décès avait eu lieu avant ou après la naissance. Objectif: découvrir si l’espérance de vie à l’âge adulte était réduite en cas de stress psychologique subi par la mère durant la grossesse.

Résultat: les enfants déclarés pupilles de la nation ont vécu en moyenne, après contrôle pour le milieu social d’origine, 1,1 année de moins que leurs alter ego non pupilles ; l’écart était maximal pour les enfants ayant perdu leur père avant de naître, leur durée de vie étant réduite de 2,2 ans par rapport aux non-pupilles associés. «Ces résultats suggèrent que le stress psychologique vécu par la mère et transmis à l’enfant a un effet suffisamment fort pour agir sur la mortalité »…

Lire tout l’article en cliquant ici
– Par  – Photo AV – Magasine le Figaro Santé